En asinothérapie  » Pourquoi choisir l’âne comme complice de travail? »

L’âne, de par son calme, sa familiarité avec l’homme et son regard mélancolique crée rapidement un contact affectif. Il ne laisse pas indifférent (soit on le rejette à cause de son image de sous-cheval, soit on le dorlote, car il parait toujours un peu triste).

Une fois l’échange installé, rapidement l’âne exprime son contentement à être dorloté et une complicité s’installe.

L’âne nous oblige plus particulièrement à nous défaire de notre toute-puissance. Il est têtu, parait-il, peut-être parce qu’il est attentif à respecter sa bulle. C’est peut-être pour cela que l’on dit de son pas qu’il est sûr. C’est ainsi que l’on dit que pour travailler avec un âne, il faut accepter de « relationner » avec lui, d’être à l’écoute de ses réactions, de l’inciter par la confiance et non par l’énervement et la violence. On prend des temps de pause pour observer, et trouver des solutions pour améliorer la relation ou l’action.

Être en contact avec un animal dont on demande quelque chose, c’est l’observer dans ses réactions, le comprendre et nous faire comprendre. C’est être constant dans notre demande (juste attitude). C’est apprendre à repérer des codes de communication et à en créer. Le comprendre, se faire comprendre, analyser.

C’est apprendre à être ouvert aux codes de communication non verbale, et se positionner corporellement pour se faire comprendre, codes qui pourront être utilisés dans notre vie relationnelle au quotidien.

À des fins thérapeutiques, on utilise l’âne pour ce qu’il est : sa masse, sa chaleur, son pas, son caractère et sa curiosité naturelle, L’âne est un équidé calme et patient qui a un rythme lent. Sa taille, sa familiarité à l’égard de l’humain en font un animal accessible à tous, sa lenteur, son sang-froid, sa contenance sont autant d’éléments rassurants sur lesquels nous basons notre rencontre.
L’âne a un corps et une forme qui aident à revivre des sensations fondamentales avec l’extérieur : dur-mou, froid-chaud, lourd-léger… C’est ainsi que se crée un lien primaire avec l’autre, point de départ des relations humaines.

C’est un support relationnel, stimulation du plaisir vécu et de nouvelles expériences, qui peut être révélateur d’une transition, d’un changement, permettant de passer de savoirs-faire techniques, à des savoirs-être différents nourris de l’expérience.

C’est un moyen d’approche de la personnalité : le retour vers le corps et le plaisir relationnel de la situation peuvent aussi présenter un moyen d’établir par l’intermédiaire de l’âne un contact avec le sujet présentant des troubles de la personnalité, sans le côté angoissant de la relation duelle. Ainsi le sujet a l’occasion d’exprimer une capacité relationnelle où il peut s’affirmer dans une nouvelle expérience. (Tiers relationnel). Sa manière de s’exprimer corporellement renvoie directement à une attitude bien précise de l’âne, que l’on voit porteuse ou non en fonction de ce qu’on désire obtenir comme relation.

De plus, l’âne n’est pas marqué par le sceau du langage humain. Il est donc accepté là où échoue le contact humain : on a confiance en son silence, il n’y a pas d’interprétation et de mensonges possibles. »

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